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Pavé de mémoire

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L’Association pour la Mémoire de la Shoah demande à la VUB de renoncer à accorder le titre de Docteur Honoris Causa à Koenraad Tinel, le fils d’un collaborateur nationaliste flamand, et invite l’ULB à ne pas s’y associer

Le Conseil d’Administration de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) a décidé d’honorer du titre de Docteur Honoris Causa Koenraad Tinel et Simon Gronowski. Une séance académique est prévue au Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, le 18 mars 2020. Le conseil d’Administration de l’ULB doit décider prochainement s’il s’y associe.

 :20200212_gronowski-tinel.jpgSimon Gronowski est une victime francophone de la Shoah, heureusement rescapé du train qui l’emmenait avec sa famille vers Auschwitz, lorsqu’il était enfant. Sa mère eut le courage de l’en pousser dehors lorsque de jeunes résistants attaquèrent le convoi. Il effectue aujourd’hui un remarquable travail de mémoire en témoignant de son histoire et en répandant un discours fraternel et humaniste. Il a rencontré Koenraad Tinel par l’intermédiaire de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB). Les deux messieurs sont devenus amis.

Koenraad Tinel est un sculpteur flamand dont le père et les deux frères ainés étaient engagés dans la collaboration nationaliste d’extrême droite avec le régime nazi. L’un de ses frères était membre des services de renseignement nazis et un autre était membre de la Légion Vlaanderen, engagé en Ukraine. Peu avant de mourir, ce dernier a demandé à son frère Koenraad de solliciter son nouvel ami afin qu’il lui accorde un « pardon ». Simon Gronowski a accepté, sans que l’ancien nazi n’ait témoigné ni repentir, ni pénitence, ni contrition. Ce geste a donné lieu à une forte médiatisation étant donné son caractère exceptionnel, voire choquant.

Honorer ensemble ces deux hommes reviendrait à mettre sur le même pied leurs souffrances d’enfants, c’est à dire à nier la spécificité du génocide nazi et par conséquent à refuser aux victimes de la Shoah toute légitimité à demander considération et respect de leur mémoire. Si l’un a souffert de l’assassinat de sa famille en application de la politique génocidaire nazie, l’autre a éprouvé péniblement la fuite des siens vers l’Allemagne face à l’avancée des armées alliée ainsi que leurs conditions de détention dans un camp de prisonniers, avant jugement et condamnation pour collaboration avec l’ennemi. 

Le pardon est un acte qui ne peut être donné à la légère. Il ne peut en aucun cas contribuer à l’effacement du caractère inacceptable du crime. Avant même d’envisager un quelconque pardon, il convient de reconnaître les faits, de les enseigner et de porter à leur sujet un jugement et une claire condamnation. En outre, le pardon ne pourrait être accordé que par les victimes. Simon Gronowski est rescapé ; une heureuse mais rarissime exception. La majorité des victimes sont mortes, assassinées! Elles ne sont pas en mesure de pardonner. A jamais.

La Belgique n’a toujours pas suffisamment étudié ni enseigné les conditions historiques qui ont conduit de nombreux belges à s’engager en faveur des idées d’extrême droite nationalistes, racistes et antisémites dès les années ‘30 et durant la guerre. La reconnaissance officielle faite par le Sénat de Belgique le 24 janvier 2013 de la collaboration indigne de l’Etat belge dans la persécution, la spoliation et la déportation des Juifs du pays ne bénéficie d’aucune médiatisation et par conséquent n’est pas connue de nos concitoyens. Ce travail historique, politique et universitaire reste à entreprendre.

Pour avoir résisté au destin mortel que lui réservait les nazis comme il le réservaient à tous les Juifs et pour être devenu militant de la mémoire de la Shoah, à l’instar d’autres rescapés, Simon Gronowski mérite amplement d’être honoré par la VUB du titre de Docteur Honoris causa.
Mais Koenraad Tinel, qu’a t’il fait de si exceptionnel pour mériter cela ? Il a un ami Juif dont il déplore les blessures, alors que celles-ci lui ont été infligées par un mouvement politique – l’extrême droite nationaliste flamande et allemande - dont son père et ses frères étaient militants actifs. Est-ce suffisant pour mériter une telle gloire ? Koenraad Tinel s’est-il activement engagé pour dénoncer les idées d’extrême droite ? A t-il condamné l’engagement nazi du nationalisme flamand ? S’est-il indigné de la compromission de l’église catholique avec ce mouvement criminel ? L’a-t-on jamais entendu blâmer la revendication d’amnistie longtemps portée par les flamingants ? Nous le connaissons surtout comme l’auteur de « Scheisseimer » un texte plaintif par lequel il recherche la compassion pour la souffrance des enfants de collabos.

A l’heure où l’extrême droite nationaliste et raciste ressurgit en Flandre, l’Association pour la Mémoire de la Shoah demande à la VUB de renoncer à accorder le titre de Docteur Honoris Causa à Koenraad Tinel et demande à l’ULB de ne pas s’y associer si le projet est maintenu. La confusion qu’engendrerait l’attribution conjointe d’un prix contribuerait d’une part à relativiser l’ampleur et l’atrocité de l’extermination des Juifs d’Europe et contribuerait d’autre part à banaliser l’engagement nazi de l’extrême droite flamande.

12/02/2020    Eric Picard AMS-VHS

.Tout à fait d’accord...
Orpheline de parents assassinés par les allemands..


18/02/2020 | 10H01 | Ida Opal

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Tout à fait d’accord pour protester

.Une partie de ma famille été assassinée dans les camps nazis - Le pardon ne pourrait être accordé que par les victimes, or elles sont mortes ! Le fait de s’être lié d’amitié avec un juif ne constitue pas un motif pour pardonner à des membres de la famille coupables d’un comportement ignoble .
.


18/02/2020 | 11H44 | David ROSSLER

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Le tragique déshonneur de la VUB ?

.C’est uniquement par chance que je n’ai pas accompagné ma mère vers Auschwitz-Birkenau où elle a été assassinée le 17-08-1942, après trois ou quatre longs jours de voyage cauchemardesque depuis Drancy. Si monsieur TINEL est attristé d’être fils et frère de nazis, bravo ! mais cette repentance ne mérite aucunement d’être élevé au rang d’Honoris Causa de quelque université que ce soit. La VUB serait flétrie et déshonorée en lui accordant ce titre. .


18/02/2020 | 13H06 | Marka SYFER

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.Je suis entière d’accord avec ce communiqué. Il serait bon d’ailleurs que chacun sache à quoi correspond le titre honorifique "Dr Honoris Causa" pour prendre la mesure de l’indécence de ce projet, cfr https://youtu.be/b5UpCPDGd9Q
Il est tout à fait choquant d’envisager qu’il puisse être octroyé à ce Monsieur Koenraad Tinel et j’espère vivement que nos voix de protestation et d’indignation soient entendues..


19/02/2020 | 19H08 | Janine Hamel

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